Nouveau tachygraphe digital : plus une minute à perdre

En octobre 2011 sont entrées en application les dernières modifications de la règlementation européenne concernant l’utilisation des chronotachygraphes. La principale nouveauté, très attendue, concerne la fameuse ‘minute indivisible’. Et le gain sur le terrain est évident. Le ‘retrofit’ est en plein boom...

Les soucis rencontrés avec la première génération du chronotachygraphe étaient nombreux, en particulier celui de la fameuse ‘minute indivisible’. Chaque minute entamée (plus de 5 sec) était comptabilisée dans l’activité concernée. Cela posait notamment de nombreux problèmes au niveau du temps de conduite ininterrompu ou journalier.

Terminé, la ‘minute indivisible’

En distribution, avec des arrêts fréquents, le préjudice pouvait aller jusque 45 minutes par jour. Un cas extrême a même été constaté par huissier, à la demande de l’UPTR. Parti en tournée avec un chauffeur, l’huissier a constaté un temps de conduite de 3h47 et 41 secondes… alors que le tachygraphe avait enregistré 5h02 de conduite.
Les utilisateurs seront donc ravis de profiter des améliorations concrètes de cette deuxième génération : minute indivisible solutionnée (potentiel de temps de conduite augmenté), une consultation du total journalier disponible, un passage automatique en repos lorsque les roues ne tournent plus, une reconnaissance par l’appareil des 15 + 30 min comme pause réglementaire (règlement 2007), des entrées manuelles simplifiées et enfin (non négligeable pour beaucoup) un téléchargement plus rapide des données.

Désormais, « la minute entière sera assimilée à la plus longue activité non interrompue durant cette minute ». Concrètement, 10 secondes de conduite + 50 secondes de repos = 1’ de repos… et 15 secondes de conduite + 25 secondes de repos + 20 secondes de conduite = 1’ de repos aussi.

Parallèlement aux nouveaux équipements d’usine, il est possible de procéder à un changement de tachygraphe sur les modèles plus anciens. Les ateliers agréés ont ainsi été rapidement sollicités par les transporteurs. Chez Phelect (lire encadré), ce sont plus de 1000 appareils qui ont déjà été montés, à la grande satisfaction des utilisateurs.
En outre, cette nouvelle règlementation apporte aussi une solution au problème des chauffeurs malveillants, qui utilisent des aimants pour troubler l’intégrité de l’enregistrement de l’appareil numérique. Dès octobre 2012, il sera nécessaire (à l’aide d’une seconde source de vitesse) de comparer les informations reçues par le capteur de vitesse. Une autre mesure sera mise en place afin de permettre la détection des aimants sur le capteur de vitesse. Cela permettra de mettre fin à la concurrence déloyale faite aux sociétés qui respectent la législation.

Moins d’amendes, plus de productivité

Selon Hubert Pinckaers (Phelect) : « la nouvelle génération apporte les changements espérés, dont celui de la minute. Les transporteurs nous confirment que le gain réel dépasse souvent les 45 minutes estimées ! L’investissement sera ainsi très vite rentabilisé : non seulement en recevant moins d’amendes, mais aussi en augmentant la productivité des véhicules. »